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Parce que la coopération, la solidarité et la justice climatique sont notre ADN, ensemble, mobilisons nous pour le 30 juin et le 7 juillet

Les 30 juin et 7 juillet prochains se tiendront des élections législatives anticipées. La sérieuse éventualité d’une accession au pouvoir du Rassemblement National (RN) ne peut pas laisser indifférent notre mouvement. Notre approche de la transition énergétique, notre engagement et les principes que nous défendons sont aux antipodes de ceux du RN. Ainsi, nous prenons position pour appeler chaque membre et sympathisant·e à mettre son cœur, son temps et son énergie pour faire front, collectivement, afin d’éviter le pire.

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Le Rassemblement National, l’ennemi des énergies renouvelables...

Habitué de la technique du bouc-émissaire, le Rassemblement National fait depuis toujours des énergies renouvelables un véritable ennemi, un fléau qu’il faudrait combattre.

Récemment encore, Marine Le Pen affirmait vouloir arrêter les énergies renouvelables (EnR), qui ne seraient ”ni propres ni renouvelables” mais semble parfois entretenir une confusion entre EnR et éoliennes. La bataille contre ces dernières (terrestres et marines) est un véritable fer de lance pour son parti le Rassemblement National, qui prévoit un moratoire mais promet déjà d’arrêter les projets en cours et de démanteler progressivement le parc existant en cas d’arrivée au pouvoir.

En votant contre la loi d’accélération des EnR, et pour celle sur l’accélération du nucléaire, le parti d’extrême droite ne cache pas son rejet de filières entières, sans nuance ni véritable argument de fond.

En misant tout sur la relance nucléaire, le RN propose une réponse “extrêmement simpliste et populiste”aux enjeux énergétiques à venir. Il suffit de lire les travaux de RTE, de l’ADEME ou de négaWatt produits en 2021 pour le savoir  : il n’existe absolument aucun scénario crédible de décarbonation en France qui pourrait être réalisé sans le développement massif de l’éolien et du solaire. Les acteurs de la filière nucléaire eux-mêmes le disent : aujourd’hui, on ne peut pas se permettre de ne pas investir massivement dans les énergies renouvelables. 

Par ailleurs, l’industrie est incapable de répondre à ce que promet le RN, à savoir installer dix nouveaux réacteurs (EPR) d’ici 2031 et dix autres à partir de 2036. La capacité maximale souhaitée par EDF, déjà ambitieuse, est de “1 voire 1,5 EPR par an”. À l’heure où l’électrification des usages s’intensifie, notamment pour la mobilité, prendre le risque de retards majeurs de productions (comme à Flamanville où le retard est de 12 ans) c’est faire preuve d’irresponsabilité.

Le RN ne défend ni la sécurité énergétique, ni l'économie locale.

La production d’énergies renouvelables est un enjeu à la fois de transition écologique (pour ne pas dépendre des énergies fossiles plus longtemps) mais aussi de sécurité d’approvisionnement, puisque ne pas installer ces moyens de production d’énergie renouvelables dans les années à venir, c’est faire planer sur les Français·es un véritable risque de pénurie d’électricité. Finalement, comme le résume un journaliste de L’Express, le “paradis énergétique” promis par le RN est “fait de pénurie et de volatilité du prix de l’électricité”. 

Le Rassemblement National, qui se veut pourtant grand défenseur d’une ruralité incomprise, ne tient aucun discours et ne porte aucune mesure sur le partage de la valeur des projets d’énergie, ni sur la relocalisation des filières industrielles nécessaires à la transition écologique. Jordan Bardella n’a pas voté contre le marché européen de l’électricité et ne s’y est d’ailleurs jamais intéressé. Le programme du RN est en fait « un programme de casseur et non de constructeur, de soumission et non de souveraineté ». Il faut les lettres RN pour écrire le mot “aRNaque”, et sur l’énergie au moins, on comprend pourquoi. 

Le Rassemblement National est contre l'économie sociale et solidaire.

Au-delà de l’aspect énergétique, nous, acteurs de l’énergie citoyenne, sommes des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Or, pour le RN, subventionner ces structures c’est “prélever des fonds sur l’économie réelle pour les donner à l’ESS”. L’ESS fait évidemment partie de l’économie réelle et y contribue à hauteur de 10% de PIB, employant 2,3 millions d’emplois dans ce secteur.

L’ex-député RN Grégoire de Fournas avait déclaré que les structures de l’ESS font concurrence à celles de l’économie réelle, illustrant son propos avec cette formule : “Un garage éco-solidaire, résilient ou je ne sais quoi, crée une concurrence déloyale pour un garage de l’économie réelle qui, de plus, paie des impôts pour financer les subventions octroyées au premier.”

Là encore on retrouve une vision simpliste et trompeuse de l’ESS : les structures de l’ESS paient elles aussi des impôts lorsqu’elles concurrencent une activité commerciale. Elles perçoivent des aides de l’État car elles conduisent des projets d’intérêt général, elles contribuent à une économie plus soutenable, plus démocratique, au service du bien-être, et non de l’accumulation sans fin de richesses monétaires.

Dans une tribune pour Alternatives Economiques, Timothée Duverger, responsable de la Chaire Territoires de l’ESS, estime que, si l’ESS est dans le collimateur du RN, la liberté associative serait aussi directement menacée. Lors de débats parlementaires, les élus du RN ont en effet tenté de limiter le financement des associations citoyennes et solidaires, considérant ces dernières comme des bastions de résistance contre leur idéologie. Ce n’est pas alarmiste de le dire, car dans certaines municipalités gouvernées par le RN (Fréjus, Hénin-Beaumont…), on a observé des réductions voire des suppressions de subventions destinées à des associations jugées trop critiques ou pas en ligne avec les valeurs du parti.

Les associations et coopératives d’énergie citoyenne ne sont pas, de par leur objet social et leur signature de la Charte d’Énergie Partagée sont totalement incompatibles avec ceux du RN.

"Un monde meilleur est possible, mais il ne pourra se faire qu’en dehors du RN."

« Je me suis engagé dès le plus jeune âge dans de nombreuses associations et ce parce que je porte en moi une volonté viscérale de faire groupe, de faire société. Cet engagement m’a donné chaque jour davantage confiance en l’être humain, en ce qu’il peut produire de meilleur, en ce qu’il est capable de construire une société désirable. 

Aujourd’hui, en tant que membre du conseil d’administration d’ECLR, je défends son projet social et les actions menées avec force et conviction par ses membres (salariées, adhérents, administrateurs) pour que chaque citoyen puisse s’approprier les questions de production d’énergie renouvelable mais surtout reprendre la main et engendrer un autre modèle, collectif et local.

Les 30 juin et 7 juillet prochain, avec un simple bulletin de vote, tout ce travail de longue haleine mené par les collectifs et les coopératives citoyennes peut être remis en cause.

Nous avons un devoir de mémoire, nous savons que l’extrême droite a produit ce qu’il y a de pire lorsqu’elle a été portée au pouvoir : stigmatisations, haines, exterminations. Elle est aujourd’hui à l’œuvre dans de nombreux pays européens et montre qu’elle porte en elle ses fondements et ses racines. Contrairement à ce que sa surmédiatisation peut nous laisser croire, l’extrême droite est et restera l’extrême droite. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’elle reproduise ses schémas destructeurs. Elle montrera du doigt celles et ceux qu’elles considèrent comme LE problème et finira par détruire celles et ceux qui prennent le temps et le soin de construire collectivement un avenir pacifique et soutenable.

Un monde meilleur est possible, mais il ne pourra se faire qu’en dehors du RN. »

Brice Asensio, co-président d’ECLR Occitanie et élu local dans l’Aude

Scénario du pire : le RN au pouvoir, ça donnerait quoi pour l’énergie citoyenne ?

Vous l’aurez compris, dans le cas où le RN sortirait vainqueur des prochaines élections législatives, le secteur des EnR serait mis à mal, et les projets citoyens en subiraient alors toutes les conséquences. Si l’on essaie d’envisager ce que deviendrait l’énergie citoyenne avec un gouvernement du Rassemblement National, cela ne présage rien de bon. 

  • Le secteur d’emploi des énergies renouvelables, dont certaines structures sont déjà en difficulté, pourrait s’effondrer. L’interruption des projets et la suppression des incitations gouvernementales entraîneraient des faillites en chaîne, accompagnées d’une perte d’emplois massive (probablement plus de 85 000 en France).

     

  • Tout le budget « énergie » de l’état se porterait sur la filière nucléaire, ce qui reviendrait à un désengagement des soutiens portés aux énergies renouvelables et aux initiatives citoyennes. Marine Le Pen l’a dit, “l’énergie financière doit être mise dans le développement de la filière nucléaire, pas dans les éoliennes”.

  • Des partenaires historiques de notre mouvement et surement nos propres structures seront sur la sellette. On se souvient de l’examen du projet de loi de finances à l’automne 2023, lors duquel des députés RN avaient déposé un amendement pour couper les subventions publiques à différents collectifs écologistes (Réseau Action Climat, Les Amis de la Terre, France Nature Environnement….).

     

  • La centralisation accrue des décisions énergétiques sous le contrôle du RN marginaliserait les collectivités locales. Les projets citoyens, qui sont des modèles de démocratie locale et d’autonomie énergétique, finiraient par disparaître face à la suprématie nucléaire imposée par un État centralisé.

Le futur de l’énergie citoyenne en France dépend grandement des choix politiques à venir. Plus largement, c’est notre futur à toutes et tous qui dépend de ces prochaines élections.

La mobilisation citoyenne que nous portons d’ordinaire est au service de projets concrets d’énergies renouvelables. A l’image de nombreux acteurs de la société civile, nous appelons notre mouvement et composante à mettre sa force collective au service d’une victoire de nos valeurs.

Nous pouvons empêcher l’arrivée du Rassemblement National au gouvernement.

Alors, les dimanches 30 juin et 7 juillet, votons, et faisons voter nos proches, pour une perspective d’avenir désirable et durable. Votons pour une société où la coopération et la solidarité permettent de faire naître d’aussi beaux projets que ceux que nous portons.

Les dimanches 30 juin et 7 juillet,
votons, et faisons voter, pour une perspective d’avenir désirable et durable. Votons pour une société où la coopération et la solidarité font naître d’aussi beaux projets que ceux que nous portons.

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sur la transition énergétique citoyenne en Occitanie